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Etude des sites de swarming dans la Forêt de Saint-Gobain - Automne 2025

Publié le 10 août 2026 par Cécile PRINCE, Louis Hue

L’automne dernier, Picardie Nature a réalisé une étude à la recherche des sites de “swarming” de chauves-souris, dans la forêt de Saint-Gobain.
Le phénomène de swarming consiste en un regroupement de chauves-souris au même endroit, pouvant aller jusqu’à des centaines d’individus, allant de la fin de l’été au début de l’automne.
Pour en savoir plus sur ce phénomène, vous pouvez consulter l’article rédigé à ce sujet → http://l.picnat.fr/tca

Murin à oreilles échancrées ©Y.Peyrard


Méthode


Afin d’avoir de premières pistes de réflexion, la méthode d’étude acoustique a été privilégiée. L’étude acoustique a consisté à poser pendant plusieurs semaines des enregistreurs à ultrasons à l’entrée des cavités favorables dans le but d’obtenir une activité chiroptérologique par nuit et par heure, dans le but d’étudier le phénomène de swarming.

Les espèces sont ensuite pré-identifiées par le logiciel d’analyse Sonochiro©, donnant un indice de fiabilité plus ou moins certain pour chaque espèce. Le but n’étant pas de déterminer chacune des espèces, mais étant plutôt de repérer les sites avec une activité chiroptérologique intense en cette période. Quelques espèces sont ainsi plus ou moins fiables dans l’identification apportée, par exemple, le Murin de Brandt étant une espèce assez complexe à déterminer en acoustique, la fiabilité des résultats le concernant n’est pas élevée.

Dans les résultats, plusieurs espèces ont été écartées des analyses, telles que les rhinolophes effectuant souvent des allers-retours dans les cavités, sans pour autant swarmer, ainsi que les espèces ne se trouvant pas dans la région picarde (Grande Noctule, Murin des marais, Vespertilion bicolore, etc.).

Ici, nous n’avons pas identifié chaque son car l’intérêt étant de mettre en évidence les pics d’activités horaires et périodiques qui ne nécessitent pas forcément d’analyse spécifique. En effet, l’activité chiroptérologique étant assez importante, le temps passé à l’analyse acoustique est considérable (plusieurs milliers de sons) et nous n’avions pas assez de temps financé pour réaliser une analyse acoustique poussée.

Le but principal de l’étude étant de repérer les sites à potentiel et de déterminer les périodes auxquelles les pics d’activité des chauves-souris sont présents sur ces sites.
Au total, 10 sites ont été inventoriés du 05 septembre au 08 octobre 2025, dans la forêt de Saint-Gobain.

Résultats


  • Activité des chauves-souris par site étudié

La figure ci-après, permet de visualiser le nombre de contacts de chauves-souris enregistrés grâce à cet inventaire, sur chaque site et selon l’espèce identifiée.

Ainsi, 3 sites ressortent avec un nombre de contacts de chauves-souris assez important : le M_473 (39 725 contacts), le M_501 (38 195 contacts) et le M_854 (23 056 contacts), près de Cessières et de Prémontré.

  • Phénologie horaire de l’activité des chauves-souris

Sur la seconde figure ci-dessous, un exemple des résultats de la phénologie horaire du site M_473, avec plusieurs milliers de contacts de chauves-souris enregistrés, est présenté. Cela nous permet de visualiser les pics d’activité pouvant correspondre à une activité de swarming, qui se déroule en général entre 23h et 02h du matin.
Dans cet exemple, un pic d’activité assez élevé est observé à 00h (8 221 contacts) et plus globalement entre 23h et 01h !

Figure 2 : Phénologie horaire de l’activité des chauves-souris


  • Activité des chauves-souris durant la période automnale

Enfin, sur le graphique ci-après, un exemple de l’activité chiroptérologique est détaillé par jour et pour chaque espèce pré-identifiée. Cela permet d’apprécier les espèces présentant des pics d’activité selon la période automnale. Ici, n’ont été mises en évidence que les espèces présentant des pics d’activité plutôt intenses.

Figure 3 : Activité des chauves-souris sur la période d’enregistrement - Site M_473


Conclusion


Ces premiers résultats permettent ainsi de mettre en évidence des premiers éléments de réponses sur les sites utilisés pour le swarming. De prochaines études plus approfondies telles que des captures, pourront par la suite permettre de déterminer si des individus en reproduction sont bien présents, et d’étudier le sex-ratio des espèces présentes.

👉 Et les perspectives ?

- contribuer à la connaissance des sites de swarming en Picardie afin d’aboutir à leur protection pour améliorer la conservation et la protection de ces espèces déjà fortement fragilisées ;
- apporter un retour d’expérience à l’échelle nationale, notamment au groupe de travail GT Swarming du Muséum national d’Histoire naturelle (MNHN).


Partager : http://l.picnat.fr/tkw

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